Side projects : mes impressions après 5 mois de 4/5ème

Freelance depuis 2012, j’ai commencé il y environ 5 mois ma première mission en 4/5ème (un jour chômé sur les 5 habituellement travaillés dans une semaine) avec comme objectif de me libérer davantage de temps pour mes projets entrepreneuriaux. Objectif atteint ?

Résumé pour les gens pressés :

  • premier bilan globalement positif
  • une perte de revenus que je considère comme un investissement mettant la pression pour le développement des autres sources de revenus
  • quelques écueils à endurer (obtention du 4/5ème, ne pas se laisser grignoter la journée par l’entourage et motivation à maintenir)

Pourquoi un 4/5ème ?

Avec le développement de projets parallèles à mon activité de freelancing, je ressentais depuis plusieurs mois déjà le besoin de me libérer davantage de temps à accorder à ces projets pour les réaliser de manière un peu plus sérieuse.

En effet ayant fondé LinuxJobs.fr, le site d’emploi de la communauté du Logiciel Libre et Open Source, j’avais acquis la certitude que je pouvais grandement améliorer ce projet en lui consacrant davantage de temps, mais plus important encore d’être régulier dans mon travail.

Je travaillais déjà en général une partie du samedi mais cette journée n’est pas la plus propice au travail. Sans surprise, la majorité des gens se repose le week-end. Tout le travail nécessitant une tierce partie est donc en attente jusqu’à la fin du week-end. Ce qui ne facilite pas la réactivité et qui peut avoir un effet démotivant quand on travaille presque tout seul et qu’on a envie de voir les choses avancer.

D’autre part ma motivation à travailler sur mes projets parallèles dépendait aussi fortement de ma charge de travail journalière, de ma motivation le soir et des événements extérieurs qui survenaient et s’imposaient à mon planning. Le fait d’instaurer un jour de travail précis dédié à mes différents projets me semblait bénéfique afin d’avancer plus rapidement.

Mon travail sur mon projet le plus récent, le Courrier du hacker, la newsletter hebdomadaire résumant l’actualité francophone du Logiciel Libre et Open Source m’a démontré qu’un travail régulier permet de trouver son public plus facilement.

La mise en place

Courant septembre 2017 j’étais à la recherche d’une nouvelle mission en tant que freelance. Décidé à obtenir un 4/5ème, je précisais bien ce point aux différents recruteurs que je contactais. Je dirais même que c’était le premier point abordé lors des différentes prises de contact. Je refusais d’emblée les entretiens lorsque ce point demeurait flou. Inutile de cacher que des offres très intéressantes à temps plein me sont passées sous le nez, mais j’étais motivé à travailler désormais en 4/5ème.

Point important niveau finance : je vois le 4/5ème comme un investissement. En effet il s’agit dans un premier temps d’une perte sèche d’1/5ème de mes revenus habituels. Ce point n’est pas à négliger lorsque l’on y réfléchit. Pour compenser, je me fixe un objectif de revenu sur mes projets entrepreneurials visant à au moins compenser cette modification de mon activité.

Après trois semaines de recherche,  j’ai donc commencé une nouvelle mission en 4/5ème en négociant de ne pas travailler le mercredi. Le choix du mercredi a été guidé par différents facteurs :

  • Le mercredi, en pleine semaine, permet d’accomplir si besoin des démarches administratives ou d’organiser un rendez-vous ou un déjeuner professionnel assez simplement
  • Couper la semaine en deux, en limitant les périodes consécutives de freelancing à deux jours, me semblait un rythme séduisant
  • Le lundi et le vendredi sont – à mon avis – des jours mous, où l’activité des entreprises et des administrations peut être assez réduite

Instaurer un jour fixe est à mon avis une très bonne chose. Il permet de s’organiser et de prendre des rendez-vous plusieurs semaines à l’avance. Je n’ai déplacé qu’une seule fois en 5 mois et c’est à mon avis pour le mieux.

Le premier ressenti

Les premières semaines ont été assez simples. Ne pas travailler le mercredi a rapidement instauré une motivation plus soutenue pour mon activité de freelancing. En effet il m’est plus simple de me lever le lundi en me disant que je n’en ai que pour deux jours. Le mardi est une grosse journée mais je peux me motiver en me disant que dès le lendemain je travaille sur des sujets plus personnels.

Je reviens gonflé à bloc le jeudi, qui est aussi en général une grosse journée de travail. La motivation est évidente pour le vendredi : le week-end est proche. Ma compagne travaillant le samedi, c’est également une journée que je consacre au moins en partie à mes projets personnels. Pour résumer mon ressenti : j’ai rapidement été séduit par ce rythme.

Les écueils

Toutefois au fil des semaines, certains problèmes ont surgi. Il s’agit de problèmes bien connus des télétravaileurs. Il faut préciser à l’entourage qu’être présent à la maison ne signifie pas qu’on est disponible pour « la petite course qui prend 5 minutes » ou tout autre distraction.

Je reprends également systématiquement mes proches lorsque l’expression « il ne travaille pas le mercredi » est utilisée, en précisant que je travaille, mais à domicile.

Je filtre les appels téléphoniques, afin de ne paraître trop disponible auprès de l’entourage car de fait, je ne le suis pas, même si je n’ai de relation contractuelle qu’avec moi-même ce jour-là 🙂

Autre conséquence inattendue, n’ayant pas à prendre les transports en commun le mercredi, je fais donc souvent une longue journée et ne m’arrête de travailler que pour préparer le dîner.

Autre point inattendu : les jours où la motivation est absente, il est très difficile de s’y mettre. En particulier si vous êtes un lève-tard. Ce n’est au final qu’une journée et elle passe très vite.

Autant quand on ne travaille pas pour soi, on se trouve des raisons de se lever, de s’y remettre et le cadre du bureau et la présence même virtuelle des collègues permet de se relancer, autant le jour où je travaille pour moi, je n’ai pas de filet et la seule perspective de travailler sur des projets personnels qui m’apporteront potentiellement quelque chose plus tard est la seule corde à saisir dans ces moments-là. Pas toujours simple à gérer, car on se trouve très souvent des excuses.

Conclusion

Le premier bilan est globalement positif. Toutefois on peut voir que la liste des écueils est nombreuse. J’adore le rythme et en particulier la motivation qu’il m’apporte pour le reste de la semaine. D’un autre côté, il faut lutter pour obtenir le 4/5ème et trouver la motivation suffisante pour que cette journée reste productive.

10 thoughts on “Side projects : mes impressions après 5 mois de 4/5ème

  1. T’as tenté d’aller dans un espace de coworking de temps en temps pour justement éviter les écueils dont tu parles ?
    Mon point de vue est que ça limite les distractions, on est « au bureau », ou en tout cas, pas à la maison. Donc les gens comprennent que tu bosse.
    Ça permet aussi de te motiver à te lever et à avoir des horaires plus encadrés.
    Et enfin, ça permet de rencontrer du monde, des personnes que tu n’aurais pas croisé autrement et qui peuvent t’apporter beaucoup et a qui tu peux apporter énormément aussi !

    • Jihaisse : oui, c’est une piste que je dois explorer. J’ai tenté WeWork et Numa à paris et ça m’a pas emballé. Il faudra peut-être que je ré-essaie.

      • salut, moi aussi dans un coworking à la mode je n’étais pas emballé (c’était pareil ou pire qu’un open-space), mais si on pense simplement « bureau partagé » alors on peut chercher un local, avec des gens. Du coup j’ai trouvé un local partagé, on est une 15e, il y a des photographes, des traducteurs, un autre geek… bref des gens qui font autre chose et c’est cool.

        • ah ça me semble en effet un solution moins « usine » qu’un grand espace de coworking très fréquenté.

  2. Moi je ne bosse que le lundi 😉 de toute façon le travail n’est plus rentable en 2018. Tu bosses juste pour payer le même niveau de taxe.

    • bobh : pas sûr d’avoir compris ce que tu voulais dire, c’est pas rentable de travailler parce qu’on est trop taxé en France ?

  3. Je suis en constante recherche de temps partiel, pour moi c’est un investissement dans ma vie personnel tout simplement, surtout que je ressens rarement le besoin financier (surtout depuis que je suis en freelance) de le compenser ailleurs.
    Tout ce temps gagné pour vivre pour soi, que ce soit pour des projets ou des activités perso, c’est du temps de vie supplémentaire.
    Comme j’aime bien rappeler souvent, selon moi, on doit travailler pour vivre et non pas vivre pour travailler ^^

  4. Merci pour ce retour d’expérience.
    Je me suis instauré aussi cette année un jour par semaine pour bosser sur des projets persos. Je suis développeur freelance aussi.
    Je ne travaille pas pour de grosses missions en régie mais pour divers clients depuis mon domicile.
    Ce jour dédié à mes projets se réalise aussi à domicile.

    Pour l’instant ça se passe plutôt bien. Le risque ici, c’est de vraiment bloquer la journée pour les projets persos et de ne pas se dire « allez j’accepte un nouveau projet client ». Comme les projets persos sont en général rentables plus tard, il faut accepter la baisse de revenu mais je crois que ça vaut vraiment le coup.

    Se fixer un moment pour bosser sur des projets est vraiment important pour pouvoir avancer.

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